Emmanuel Crucifix dans sa serre

En 2003, il a obtenu la certification biologique après avoir débuté une production sans intrants chimiques en 2001. « Quand j'ai repris, mes parents ne produisaient pas biologique mais n'utilisaient pas particulièrement d'intrants chimiques », indique Emmanuel Crucifix.

Même s'il vante la bio-dynamie, c'est-à-dire « une ferme autonome », il n'a pu appliquer ce mode de production, « pour faire face à l'augmentation de la demande » de clients consommateurs de légumes biologiques. Les seuls intrants qu'il s'autorise sont « naturels » et « certifiés agriculture biologique ».

Le producteur assure cependant une production du début à la fin de la chaîne. « À part les intrants, tout est produit ici, de la graine à la récolte », explique-t-il. Une serre abrite les jeunes pousses des légumes de saison. Tomates, pommes de terre, courgettes, blettes, courges poussent dans ses champs.

« 30 % de main-d'œuvre supplémentaire en biologique »

Le passage à une production biologique n'a guère changé les habitudes de ce défenseur de la production naturelle. Ce choix entraîne toutefois des contraintes d'organisation. Pour le désherbage, « il faut de nombreuses heures de travail par hectare pour le faire manuellement, alors que c'est nettement plus rapide avec des herbicides ». Le coût de la main-d'œuvre en est d'autant plus onéreux. « Il faut compter 30 % de main-d'œuvre supplémentaire en adoptant l'agriculture biologique », estime-t-il.

Et comme de nombreux agriculteurs, Emmanuel Crucifix a intégré une association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) pour vendre la production directement aux clients.

Il livre ainsi « 48 semaines par an » le XVIIe arrondissement de Paris et de nombreux endroits dans l'Oise. Et l'affaire semble sur de bons rails puisque « 300 clients » sont inscrits sur son carnet de commandes. Sûr de lui, il assène : « J'ai arrêté d'essayer de convaincre les gens du bienfait de la production biologique. » Pas la peine, ses clients restent fidèles.